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A la fin (ou proche fin) de cette période d’examens, rien de tel qu’un récit de voyage pour s’évader un peu ! Backpackers amoureux de la nature et résistants à la pluie, l’expérience du Costa Rica en saison verte est pour vous.

A la fin d’une période d’études, le besoin de s’évader après n’avoir eu pour seule vue que les étagères poussiéreuses de la bibliothèque se fait de plus en plus fort. Qu’à cela ne tienne ! Je prépare mon sac-à-dos et me lance à l’aventure. Enfin libre et avec cinq semaines devant moi, une destination me vient à l’esprit : le Costa Rica. Là-bas, les côtes pacifiques et caraïbes ne sont séparées que d’une centaine de kilomètres et la nature y est, paraît-il, hors du commun.

Un dépaysement quasi-total

Après plus de vingt heures de trajet, la destination est atteinte. Dès la sortie de l’aéroport, la couleur est annoncée : un air lourd, chaud, humide, et des trombes d’eau. Bienvenue au Costa Rica ! En effet, si la saison verte est la saison basse au niveau touristique, elle l’est – de manière logique – inversement proportionnelle au niveau pluvieux. Les pluies augmentant, les prix dans ce pays également appelé la « Suisse d’Amérique centrale » deviennent quelque peu plus abordables. Si les paysages accentués et montagneux du centre ainsi que les nombreuses vaches paissant dans les prés au bord des routes rappellent aussi notre belle Helvétie, la comparaison s’arrête ici.

Une fois arrivé, passage obligatoire par la capitale, San José. Touchant les 300’000 habitants, elle est la plus grande ville du Costa Rica – et, à mon avis, la plus inintéressante. Si c’est l’occasion de voir la vie quotidienne d’une grande partie des Costaricains, déambuler dans les rues piétonnes bondées de San José avec la chaleur ambiante n’est pas franchement une partie de plaisir. Les innombrables vendeurs à la sauvette proposent de tout et de rien, criant le plus fort possible pour couvrir la concurrence, les bâtiments gris, le dense trafic et le peu d’attractions convainquent rapidement de partir. Toutefois, hors de la capitale, le dépaysement se fait très vite. Un autre rythme de vie s’installe.

Bien que l’humidité reste constante, on se rend compte que les fortes pluies laissent après une-deux heures par jours place au beau temps. Le bus étant le moyen de transport principal – et aussi le moins cher –, les trajets reliant les différentes villes ou villages peuvent facilement durer 4 à 8h. Les paysages verdoyants se succèdent alors et dévoilent une végétation luxuriante, particulière à l’endroit. Au bord des routes, on peut apercevoir des stands de bananes, d’avocats ou encore de pipas frias (eau de noix de coco encore verte). Dans les localités, les jardins des maisons, pour la plupart colorées, sont dotés soit de hamacs, soit de chaises à bascules. Une fois sur place, on prend le temps de flâner afin de découvrir la destination atteinte. Quand l’appétit vient, de nombreux « sodas » – sortes de restaurants typiques généralement bon marchés – proposent divers plats, dont les fameux « casados », un délicieux mais consistant plat composé de riz, haricots noirs, petits légumes, salade, plantains fris accompagnés soit de viande, d’œufs, ou de poissons. Mais que le voyageur trop dépaysé soit tranquille : les burgers, pizzas et burritos sont toujours à portée de mains à peu près partout dans le pays.

¡ Pura vida ! comme disent les Ticos

Autour de moi, les gens ne sont pas stressés. Ils discutent entre eux, prennent leur temps. Ici, le rendement et le timing ne font pas partie du quotidien, la vie semble simple, paisible, douce. Leur slogan, « pura vida » – qui peut paraître comme un gros cliché au départ –  est présent partout dans ce pays où il n’y a même pas d’armée, jusque à son utilisation régulière dans le langage local. Mais ça veut dire quoi en fait ? Cela veut dire en gros qu’il faut profiter de la vie comme elle vient, de l’apprécier, d’en retirer le meilleur. Les Ticos – le nom que l’on donne aux Costaricains – sont incroyablement accueillants et chaleureux. Si l’important commerce touristique régnant peut mettre en question une telle gentillesse, la plupart du temps il n’en est rien. La bonté naturelle, on la reconnaît vite. Même si tu ne sais que trois mots en espagnol, les locaux serviables prendront toujours le temps qu’il faut pour t’aider. Et si un problème arrive, ce n’est pas bien grave. « Tranquilo ».

La coupe du monde qui se déroule actuellement rend l’ambiance générale encore plus bonne enfant et incroyablement détendue. Jamais l’on ne verra, par exemple, en Suisse – ou même ailleurs en Europe – le caissier d’un supermarché nous faire attendre parce qu’il regarde un match… ! Mais personne ne s’en offusque. C’est comme ça et c’est très bien ainsi. Bref, une devise dangereusement contagieuse pour toute personne extérieure en faisant l’expérience, et qui l’adoptera rapidement… enfin excepté pour une chose : personne à part les locaux ne pourra supporter sans broncher les assauts intarissables des innombrables moustiques sanguinaires peuplant ce pays.

Le Costa Rica « vert »

Vert, voici encore un dernier mot qui résume le Costa Rica. Vert pour sa nature envoutante et ses divers microclimats, mais vert aussi pour son fonctionnement : c’est l’un des pays d’Amérique latine le plus actif dans le développement durable et l’agriculture biologique, notamment celle du café. De plus, le nombre de parcs nationaux et réserves naturelles protégés que l’on peut visiter en à peine une semaine est impressionnant, tout comme leurs contenus.

C’est aussi l’un des pionniers de l’« écotourisme », méthode utilisant le tourisme pour participer à la protection de l’environnement : encore une bonne raison de casser sa tirelire pour visiter cette magnifique contrée. Pourtant, bien que la visée soit noble et absolument nécessaire, sur place, ce terme me paraît soudain contradictoire. En observant des circuits câblés de tyroliennes traversant la jungle, on peut en effet se demander comment les tour-opérateurs proposant ce genre d’activités participent à la préservation de la nature… C’est alors que l’on revient sur terre. Ici comme ailleurs, de nombreuses agences ou établissements s’autoproclamant « bons » pour l’environnement ne le sont pas forcément et utilisent ce terme non règlementé uniquement à des fins économiques. Il faut donc être vigilant et se renseigner.

Mais au final, les quelques points négatifs que l’on peut trouver au Costa Rica s’effacent comme les traces de pas sur la plage de Santa Teresa pour ne laisser qu’une impression : celle d’avoir trouvé la vie à l’état « pur ».

Frédérique Bugnon