Jeudi 7 juin avait lieu à l’Aula Magna de l’Université de Fribourg la finale suisse de « Ma thèse en 180 secondes ». 16 doctorants francophones d’universités suisses avaient chacun 3 minutes pour présenter leur sujet de recherche à un public profane, composé d’étudiants, de professeurs, mais aussi de curieux.

S’atteler à une thèse relève parfois du parcours du combattant : travailler sur un sujet pointu et inédit mais passionnant, la plupart du temps seul, pour une publication que bien souvent seuls les connaisseurs du sujet en question comprendront entièrement. Au-delà du concours, qui récompense le ou la gagnante d’un prix de 1500 francs, l’objectif de l’événement est principalement la vulgarisation de sujets de recherche complexes par les doctorants.

C’est dans une salle comble que Yann Marguet et son humour grinçant, animateur pour la soirée, accompagné de DJ Ronfa, ouvrent la soirée. L’ambiance est bon enfant et contraste probablement avec les laboratoires, bureaux ou autres salles d’études dans lesquels les doctorants passent la plupart de leur temps. Chacun son tour et après une présentation de l’humoriste, ils défilent sur scène et à l’aide d’une unique slide exposent leur thèse en 180 secondes, chronomètre à l’appui.

« Traduire le droit international pénal, beaucoup en ont rêvé, peu l’ont fait », dit de manière légèrement ironique Yann Marguet lorsqu’il présente la doctorante Marie-Hélène Girard. Il est vrai qu’à la lecture de certains titres de thèses, on a parfois l’impression de découvrir des notions ou des sujets de recherche jamais entendus auparavant.

Cet événement est sûrement l’unique occasion d’en apprendre plus, en l’espace d’une seule soirée, sur les nanodiamants, les carapaces des tortues, la littérature antique, l’universalité de la citoyenneté, la conciliation travail et vie de famille ou encore sur les dysfonctionnements des paiements intra-européens en période de crise, pour n’en citer que quelques-uns.

Après leur passage, c’est au public de choisir leur candidat préféré et au jury de délibérer. En effet, en tout, 4 prix sont accordés : le prix du public, ainsi qu’un premier, deuxième et troisième prix du jury. Difficile de choisir la thèse qu’on trouve, selon les goûts, la plus utile, originale, complexe, intéressante ou encore pertinente, tant la diversité des sujets est grande. On imagine donc la tâche du jury particulièrement difficile.

Finalement, c’est Lucas Güniat de l’EPFL qui remporte le prix du public avec sa thèse « Les nanofils et leurs directions de croissance : façonnage d’une plateforme quantique ordonnée » et Pascale Deneulin de l’UNIL qui remporte le premier prix du jury avec sa thèse « Minéralité des vins : étude sémantique et sensorielle d’un concept émergent ». Cette dernière représentera la Suisse lors de la finale internationale du concours à l’Université de Lausanne le 27 septembre prochain. Le rendez-vous est pris.

L’intégralité de la soirée est à retrouver ici : https://www.youtube.com/watch?v=6PnSwkmrNeI