La 12e édition des «Academy Shorts» remporte un franc succès

Malgré un temps maussade, le public est venu nombreux pour assister à la projection, en plein air, des 14 courts-métrages sélectionnés cette année.

Tout commence lorsque les deux animateurs quittent la scène. Le public applaudit, les spots lumineux s’éteignent. Et soudain, comme dans ces vieux films en noir et blanc, un décompte s’affiche. Dans l’assemblée, les derniers murmures s’estompent. La grande projection de cette nouvelle édition des « Academy Shorts » peut commencer.

Chaque année, le festival met à l’honneur plusieurs courts-métrages réalisés par des étudiants suisses. Le temps d’une soirée, le Centre Fries se transforme alors en salle de cinéma en plein air, pour le plus grand bonheur des cinéphiles de la région. Les examens sont dans moins d’un mois ? Tant pis, on n’y pense pas. Ce soir, on boit quelques verres, on s’assied au coin du feu, et on profite d’une bonne soirée entre amis en regardant les créations de nos camarades étudiants.

Au fil de la soirée, nous tendons notre micro à quelques spectateurs, au hasard, et rencontrons notamment Soraya, étudiante en Science des Médias et de la Communication. C’est la première fois qu’elle se rend au festival. Ses premières impressions ? « C’est vraiment sympa ! », se réjouit-elle. « Je pensais qu’il y aurait peu de gens à cause de la pluie, mais non, il y a quand même du monde. Ça met une bonne ambiance ».

Il faut dire que depuis sa première édition, en 2007, le festival n’a cessé de gagner en popularité, au point de devenir un rendez-vous majeur dans la vie estudiantine fribourgeoise. Et c’est précisément cela qui fait tout le charme de l’événement : « le but, c’est que tout soit fait pour et par les étudiants », nous explique Siraya Schäfer, présidente du comité d’organisation. « J’espère vraiment que tout le monde se sentira à l’aise et passera un bon moment », disait-elle en début de soirée. Et en ce qui concerne les films sélectionnés ? « J’ai mes favoris, mais je ne peux rien vous dire ! », glisse-t-elle en riant.

Pour cette douzième édition, le jury était composé de l’acteur Kay Kysela, de la photographe et cinéaste Ghislaine Heger, ainsi que du géographe et réalisateur Roman Droux. C’est à ce trio que revenait la lourde tâche de décerner les deux prix majeurs de la soirée : ceux du meilleur sujet et de la meilleure réalisation. Les spectateurs avaient également leur mot à dire, puisqu’à la fin de la séance, chacun pouvait voter pour ses deux films préférés, attribuant ainsi le « prix du public » au film récoltant le plus de voix.

Difficile de choisir

Au total, quatorze courts-métrages ont été présentés. D’un film à l’autre, la diversité des sujets abordés est frappante : sans transition, on parle d’art et de prétention, de surabondance d’information, de harcèlement, de dépression, d’islam et d’intégration, de barrière de la langue. On notera également la présence importante de sujets profondément d’actualité, tels que la crise des migrants, racontée au travers du quotidien d’un sans-papiers et d’une association bernoise venant en aide aux réfugiés vivant dans les rues de Côme (IT).

Quant au style, il y en a là aussi pour tous les goûts. De la fiction, bien sûr, mais aussi des documentaires, de l’horreur, du fantastique, ainsi que quelques réalisations beaucoup plus expérimentales, qui auront sans doute laissé peu de spectateurs indifférents. Ce qui est certain, c’est que le public n’a pas eu le temps de s’ennuyer : au fur et à mesure que la soirée avançait, les spectateurs alternaient entre fascination, réflexion, et franche rigolade.

Après plus de deux heures de projection, il était forcément difficile de se décider, tant le niveau était élevé. Finalement, le prix du meilleur sujet a été décerné à « #notjustsad », de Pascal Kohler, étudiant à l’université de Berne. Le court, qui retranscrit les pensées dépressives d’un homme en pleine crise existentielle, a ainsi été récompensé pour « le choix d’un sujet difficile et risqué, mais admirablement bien traité », selon Ghislaine Heger. Le prix de la meilleure réalisation a quant à lui été attribué à « Arachnophobia », de Kristin Reppas, étudiante en cinéma à l’université de Zürich. Roman Droux a justifié ce choix par un « jeu d’acteur très juste, des mouvements de caméras réfléchis et une excellente mise en scène ».

Enfin, le prix du public revient à « Schutzplan Vollmond », d’Elias Jutzet, dont le film tourne en dérision les difficultés qu’Alémaniques et Romands rencontrent parfois pour communiquer. Un sujet très suisse, donc, et « qui fait rire des deux côtés du Röstigraben », selon son auteur. « Je pense que c’est pour ça qu’il a été très apprécié du public », a-t-il expliqué lors de la cérémonie de remise des prix.

Grande nouveauté cette année, la soirée s’est conclue par une sympathique afterparty dans les locaux du Centre Fries. Mais la nuit étant tombée depuis longtemps, il était déjà l’heure pour certains de rentrer chez soi. Et donc de sillonner, à pieds ou à vélo, les rues désertes de notre chère Cité des Zaehringen. Les organisateurs peuvent se réjouir : une fois de plus, les « Academy Shorts » ont été une véritable réussite et le public était au rendez-vous. À l’année prochaine !