Tout simplement impossible d’y échapper, la Fribune ne fera donc pas exception: le septième épisode de la saga étoilée sort cette semaine en salles. « Star Wars », véritable mythe de notre époque, est sans conteste l’œuvre de science-fiction la plus célèbre, née de la fascination pour la conquête de l’univers, son immensité, ses secrets… L’espace est une source fabuleuse d’inspiration pour les auteurs, réalisateurs et autres dessinateurs, qui peuvent laisser libre cours à leur créativité et leur imagination. La Fribune vous propose donc une sélection d’idées débarquant des quatre coins de la galaxie, histoire de patienter encore quelques jours avant de découvrir la suite de la palpitante Guerre des Etoiles!

 


 

UN LIVRE – FONDATION, de Isaac Asimov

Les débats sans fin autour des sources d’inspiration de George Lucas pour créer l’univers dans lequel se déroule la grande saga de la « Guerre des Etoiles » est loin d’être clos. Ce qui semble certain, c’est que le célèbre cycle de romans « Fondation » de Isaac Asimov a dû traîner de nombreuses années sur la table de chevet du créateur de Star Wars…

L’auteur américain, qui a marqué de son empreinte le genre de la science-fiction comme aucun autre, en est du moins convaincu! Son Empire galactique, sa planète-capitale Trantor et le méchant « Mulet » rappellent étrangement les films de Georges Lucas… Mais au-delà de cette possible influence, le Cycle de Fondation est tout simplement un des meilleurs ensembles (si ce n’est le meilleur) de romans du genre. La saga trépidante d’Asimov se déroule dans un univers conquis dans sa totalité par les êtres humains dans lequel naît une nouvelle science, la psychohistoire, qui permet de prévoir l’avenir grâce à une application audacieuse des mathématiques statistiques aux êtres humains, si nombreux qu’ils interagissent de façon prévisible comme le font des molécules chimiques…

Et ne croyez pas que la SF se borne à raconter les aventures sympathiques de chevaliers de l’espace… En abordant les thématiques les plus profondes et subtiles (religion, technologie, politique, sociologie, écologie, …), Asimov signe ici sans conteste une œuvre majeure du siècle littéraire passé. Si vous ne deviez lire qu’un seul livre du genre dans votre vie, vous savez désormais lequel choisir !

 

« On pourrait croire que l’Empire est éternel. Et pourtant, […] jusqu’au jour où la tempête le fend en deux, le tronc d’arbre pourri a toutes les apparences de la santé. L’ouragan souffle dès maintenant à travers les branches de l’Empire. Écoutez avec les oreilles de la psychohistoire, et vous percevrez les premiers craquements… » I. Asimov, Fondation (Tome I)

 

« Cycle de Fondation », de I. Asimov (Trilogie originale (1951-1953), à laquelle se rajoutent quatre tomes dans les années 1980), Prix Hugo de la meilleure série de science-fiction de tous les temps

[Texte: Alexandre Dupraz] 

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UN DESSIN ANIMÉ – COWBOY BEBOP

Marre d’entendre parler de partout et à toute heure de chevalier Jedi ? Soyez bien rassuré(e), avec Cowboy Bebop, ce sont des chasseurs de prime de l’espace qu’on vous propose. Ce dessin animé japonais, signé Yatate Hajime (Studio Sunrise), propose, en 26 épisodes, les aventures de Spike et Jett, deux chasseurs de prime fauchés, sillonnant l’espace en quête de missions, dans un univers à l’esthétique à la fois futuristique et jazzy.

Si le schéma des épisodes est relativement classique, c’est bien son ambiance de « space western » qui fait de Cowboy Bebop l’un des bijoux de l’animation japonaise. Son scénario surfe entre les vagues d’un humour très nippon et des thématique plus sombres. Entre sujets durs (drogue ou jeux d’argent pour ne citer qu’eux) et ambiance parfois post-apocalyptique, ce dessin animé conserve un côté adulte, tout en demeurant rafraîchissant avec son univers déroutant : une bonne excuse pour passer une vingtaine de minutes à autres choses que des révisions ! Et si définitivement vous êtes « trop vieux pour les dessins animés », allez tout de même jeter un coup d’oreille à la bande son de la série, qui, avec des titres comme « Gotta Knock A Little Harder » et « The Real Folk Blues », vous enverra malgré tout en orbite !

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« Cowboy Bebop » (Japon, 1999-2000, 26 épisodes et 1 film d’animation, Studio Sunrise)

[Texte: Bérénice Balmat]

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UNE BD – SKY-DOLL, de Alessandro Barbucci & Barbara Canepa

Sur la planète de Papathéna règne une dictature religieuse. Depuis la mort de la seconde papesse, la guerre civile gronde entre les adorateurs de la papesse défunte et ceux de l’actuelle. Et ce ne sont pas les édits papaux, comme le statut de péché de la sexualité, qui vont arranger la situation ! Mais l’État veille au bien-être de ses fidèles (au masculin) : s’acoquiner avec une Sky-Doll, c’est-à-dire une poupée androïde, capable de penser, mais dépourvue de liberté et de remise en question, ce n’est pas pécher, « ALLELUYA » !

Sky-Doll relate l’histoire de Noa, androïde ayant la particularité de rêver. Remettant en cause sa condition d’objet, elle s’enfuit de l’astrolavage aux mœurs douteuses, où elle travaille à la solde de « Dieu ». Débute alors pour elle, au côté de Jahu et Roy, deux émissaires papaux, une aventure à la recherche de ses origines, passant par diverses planètes où religion, vice et corruption s’entremêlent.

Depuis 2000, Alessandro Barbucci et Barbara Canepa proposent au travers de cette œuvre de science-fiction une critique des dérives de la religion, mais aussi des médias en général. Régulièrement, dans des hors-séries, d’autres dessinateurs complètent l’histoire ou la critique de Sky-Doll, avec leur propre style graphique. Ce dernier détail rajoute un cachet tout particulier à cette série qui flatte la rétine par son dessin et ses couleurs chatoyantes, et en fait un incontournable de la bande dessinée italienne.

« Sky-Doll », de Alessandro Barbucci & Barbara Canepa (3 tomes couleurs + 1 tome noir/blanc + 2 hors-séries)

[Texte: Bérénice Balmat]

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UN JEU-VIDÉO – FEZ

Gomez, petite créature à l’apparence proche de celle d’un marshmallow, a toujours vécu dans son petit village en 2D, sur une île flottante. Mais un jour, un fez descend du ciel pour se déposer sur son crâne. S’ouvre alors à lui un monde totalement nouveau, celui de la 3D ! C’est ainsi que débute Fez, jeu vidéo indépendant développé par Phil Fish (Polytron Corporation).

Ce jeu innove en proposant un gameplay reposant principalement sur le changement de perspective : chaque angle d’un même décor vous ouvre une partie du chemin à suivre pour finir chacun des niveaux. L’objectif du jeu est de récupérer des morceaux de cubes en traversant une pléthore d’îles flottantes, dans des décors allant de la jungle, aux égouts, en passant par un chouette cimetière et surtout l’espace. Malgré les apparences, Fez ne vous demande pas tant d’avoir des réflexes, mais plutôt de savoirs décrypter des messages codés ou de résoudre des casse-têtes en 3D. Mais au delà du jeu de plate-forme et de puzzle, il s’agit avant tout un jeu de contemplation. Les amoureux des pixels ne manqueront d’ailleurs pas de rappeler la beauté graphique de ce jeu, ainsi que celle de sa musique d’ambiance, à la fois poétique et discrète. Un indispensable pour ces vacances, qui vous laissera définitivement la tête dans les étoiles (ceux qui finiront le jeu comprendront).

fez

« Fez » (2012, Polytron Corporation)

[Texte: Bérénice Balmat]

 

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