Au cours de son cursus, tout élève a eu droit lors de son premier cours d’histoire à « A quoi sert l’histoire? C’est un moyen pour l’homme d’apprendre de ses erreurs ». Mais le discours inverse n’a de cesse de contrebalancer cette idée: l’homme aurait la mémoire courte et se remettrait bien trop vite des catastrophes du passé, sans suffisamment se remettre en question. Sans pour autant nous écraser de culpabilité, l’on ne peut et ne doit pas passer outre un devoir de mémoire sur ce qui nous a précédé. Cette semaine,  Lundispensable vous propose pour ce faire plusieurs œuvres, afin de commémorer les 25 ans de la mort de Serge Gainsbourg, de ne pas oublier l’actualité de la catastrophe de Fukushima, de continuer à penser la condition féminine encore trop déconsidérée, et afin de nous rappeler, néanmoins, de continuer de nous amuser avec les limites de notre imagination.

bannière 7 mars 2016

UN CHANTEUR – Serge Gainsbourg 

Il était aimé… Lui non-plus.

De Elaeudanla Teiteia jusqu’à Lemon Incest en passant par l’inévitable Javanaise ainsi qu’Initials B.B., il n’est jamais trop tard pour un petit après-midi gainsbourgeois… Visionnage du très apprécié Gainsbourg, vie héroïque, sorti en 2010 dont, à mon sens, seules les musiques valent finalement la peine ; le film n’étant qu’un enchainement de situations plutôt banales ; petit moment alcoolisé et enfumé… Il n’est jamais trop tard pour (re-)découvrir un artiste plus que polyvalent mais malheureusement trop ignoré par la culture actuelle. Qu’on soit plutôt Gainsbarre, rebelle, provocateur, grossier voire excessif, ou que l’on préfère Gainsbourg, plus calme, parfois presque timide, poinçonneur des lilas, on trouve de tout chez un tel artiste. A la lumière de notre modernité sceptique, cette bouffée d’humour noir, de critique sociale et d’apologie décalée d’éléments tabous et peu recommandés de nos jours (tout comme ils l’étaient à l’époque) ne peut faire que du bien !

[Aminoël Meylan]

Joann Sfar, Gainsbourg (Vie héroïque), 2h10, Universal Pictures International France, 2010.

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UN LIVREFUKUSHIMA, RÉCIT D’UN DÉSASTRE, par Michaël Ferrier

Témoin du désastre qui a frappé le Japon le 11 mars il y a 5 ans à quelques jours près, l’auteur tente de raconter la catastrophe, sans n’en rien oublier. Il nous livre les faits, quelques chiffres, ses impressions, de nombreux témoignages récoltés dans son voyage entrepris afin d’aider les survivant, et explique la demi-vie, c’est-à-dire le quotidien des Japonais, avec la peur de la radioactivité.

Comment raconter un tel événement sans verser dans le sentimentalisme, ou se perdre dans les chiffres ? Michaël Ferrier nous fournit la réponse avec un récit piquant, touchant, et parfois même hilarant. Il cherche, dans le drame, ces moments forts qui redonnent un sens à la vie.

Maintenant que nous arrivons bientôt au cinquième anniversaire du désastre nucléaire le plus important depuis Tchernobyl, nous pourrions y accorder un moment comme devoir de mémoire. De plus, cette catastrophe oubliée et enterrée, ne doit pas être prise à la légère, puisque qu’elle est toujours dramatiquement d’actualité : non seulement les Japonais subissent encore les séquelles de la catastrophe, mais qui plus est, 300 tonnes d’eau se déversent encore quotidiennement dans l’océan Pacifique ! Jetez donc un œil au récit d’un Français expatrié.

[Alizée Lombard]

Michaël Ferrier, Fukushima, Récit d’un désastre, Gallimard « Folio », 2012.

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UNE PIECE DE THEÂTRE – PSYCHO CLITO PUNK, par la compagnie Vol de Nuit

La compagnie Vol de nuit, récompensée au festival Friscènes en 2015 en remportant quatre prix pour leur pièce La cantatrice chauve, a redoublé d’audace en présentant ce weekend leur nouveau bijou, Psycho Clito Punk. Hasard du calendrier ou non, c’est à quelques jours de la journée internationale de la femme que les sept comédiennes et leur metteur en scène sont montés sur scène afin de dénoncer les violences faites aux femmes.

A la fois tragique et drôle, la représentation est agrémentée de danse qui dévoile ce corps meurtri, de chant qui concède des mots à ces souffrances et de projections vidéo qui témoignent directement et simplement de ce que vivent les femmes au quotidien. Féministe, cette pièce se veut davantage critique sur ce que doit être « la femme » et « l’homme » dans notre société. Très subtilement, les comédiennes réussissent parfaitement à dégager les rôles qui sont imposés et attendus des femmes, relevant parfois de la violence. Jouent-elles réellement le « rôle du rôle imposé » ou racontent-elles simplement leur quotidien ?

Pour le savoir, nous vous conseillons de rester attentifs-ves aux futures représentations, qui, nous l’espérons, ne tarderont pas à être agendées.

[Laura Migy]

Rendez-vous sur http://www.voldenuit.ch/pour connaître les prochaines dates de la troupe Vol de Nuit.

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UN JEU VIDEO – Terraria, par Re-Logic

On a donc décidé de forer un second tube au tunnel du Gothard. Mais enfin, où est-ce que ça mène de creuser des trous ? La réponse à cette question est ici de peu d’intérêt, mais si vous êtes enclin à ce genre d’interrogations, Terraria pourrait se montrer à même d’affamer votre curiosité. On y creuse en effet, on y creuse beaucoup, on creuse à travers différentes strates de terrains à la dangerosité variable, pour trouver des minerais, des trésors et finir par se brûler la pioche en enfer. On creuse pour découvrir ce que le monde nous dissimule surtout, mais on ne fait pas que creuser. L’autre grande partie de ce jeu consiste à combattre les forces qui nous sont antagonistes, soit pour simplement survivre et continuer notre exploration, soit pour débloquer notre progression jalonnée de boss monstrueux.

Entre les antres et puis les puits, il y aura fort à forer.

[Benoît Richard]

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N’HÉSITEZ PAS À NOUS ENVOYER VOS IDÉES ET VOS TEXTES POUR LES SEMAINES À VENIR!