L’actualité qui nous submerge, malgré ses hauts et ses bas, suit toujours la même ligne directrice: une bonne dose de guerre au Moyen-Orient, une demi-mesure de politique volontairement obscurcie, un classique, une fusillade aux États-Unis. L’on serait en droit de reprocher à certains médias la mise en avant que du plus impressionnant, du plus choquant, sans suffisamment prendre de recul sur l’information. Aussi, estimons-nous heureux que Lundispensable ne prenne pas ce genre d’information au pied de la lettre et vous propose chaque semaine Bomberman, pour la subtilité des relations que vous entretenez avec votre adversaire, les Sims, pour la clarté du discours de ses personnages, ou Grand Theft Auto pour la délicatesse avec laquelle vous pouvez traiter vos concitoyens (de l’humour douteux, vous dites?). Bien au contraire, cette semaine, nous vous proposons un documentaire sur la puissance de l’Intention, un album de remix de musiques de jeux vidéos, une bande dessinée témoignage sur la Corée du Nord, et un spectacle humoristique sur l’intégration. Bonne lecture !

UN DOCUMENTAIRELa puissance de l’Intention, par Anthony Chene

Ce documentaire nous ouvre la voie de l’optimisme.

D’accord, ça paraît un peu gros, mais en fait, il nous guide à travers toute une série de questions et de réflexions pour trouver le chemin qui nous correspond, celui qui mène à la réalisation de soi, de son potentiel et de ses rêves. Anthony Chene, le réalisateur, fait intervenir des personnes de choix telles que Luc Bodin, un médecin qui s’est formé aux thérapies naturelles, Laurent E. Levy, ancien artiste dont la pensée s’est éveillée grâce à un retour vers lui-même, David Laroche, jeune conférencier qui booste la confiance et coache les rêveurs ambitieux, et autant d’autres qui, sans nous révéler les réponses que nous cherchons tous, nous aident à progresser dans notre quête existentielle. Une vision positive de l’humain parallèle à celle de Ghandi lorsqu’il disait : « Incarne le changement que tu veux voir dans le monde ». Ce documentaire peut se vanter sans gêne d’ouvrir notre esprit à de nouvelles perspectives et de changer notre regard sur le monde, en se regardant soi-même.

Alors la puissance de l’intention, c’est quoi ? Je vous invite à le découvrir en vidéo !

« L’intuition, c’est d’être à l’écoute des signes extérieurs qui me disent : Bonne direction »
« Aujourd’hui, la puissance de notre esprit n’a jamais été aussi forte et ne continue de croître »
« Je suis la réponse que je recherche »

[Serena Malagnino]

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UN SITE DE MUSIQUEOverClocked

Les jeux vidéos se sont implantés dans notre culture depuis plus de 40 ans. Très rapidement, leur musique est devenue partie intégrante de l’expérience: Korobeiniki ne saurait être dissocié de Tetris, par exemple.

Pour célébrer cette immense réserve musicale, depuis 1999, une équipe de passionnés a créé OverClocked Remix. Son but: prendre des musiques de jeux et les remixer. En 17 ans, le site a produit plus de 3000 « ReMixes », oeuvres de 900 « ReMixer » couvrant tous les jeux, dans tous les genres musicaux, du thème de Super Mario en Doo-wop à une version hard-rock de Skyrim.

Le site proposent également des albums thématiques dirigés par un membre de la communauté, hommage à un ambiance, une console, un univers, etc. Leur dernier album (paru le 8 mars 2016) complète une trilogie sur les musique de boss. Le premier album avait introduit l’ambiance, le second était le plus sombre et celui-si nous offre un final épique.

Au moyen de morceaux de rock orchestral ou de remixes électroniques déstabilisants, cet album vous entrainera dans une expérience maléfique, vous invitant à libérer le « méchant » qui réside dans le cœur de chacun d’entre nous. Et bonus, cet album, ainsi que l’entier de leur collection, est téléchargeable gratuitement.

[Lionel Ieri]

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UNE BANDE DESSINÉEPyongyang, par Guy Delisle

La Corée du Nord, c’est un peu comme ces livres dont tout le monde parle mais que personne n’a lu : tout le monde a l’impression de la connaître – même nos parlementaires se sentent capable de comparer leur destination de vacances avec elle ; tout le monde a l’impression de la connaître, donc, mais personne n’y a foutu les pieds. D’ailleurs, au-delà des questions nucléaires et diplomatiques, on est en droit de se demander à quoi ça ressemble, la Corée du Nord, lorsqu’on s’y rend.

Justement, c’est arrivé à Guy Delisle. Animateur de profession – animateur de dessin animé, pas de télévision – il s’est rendu à Pyongyang pour superviser et former les Nord Coréens à qui avait été sous-traitée l’animation de la série Papyrus. Il se retrouva donc à Pyongyang, un peu par hasard. Et dans l’album éponyme il nous raconte avec beaucoup d’humour et d’ironie sa vie là-bas, les rencontres qu’il y a faites et les absurdités produites par le régime. C’est un récit au ton et au dessin léger, qui s’abstient de discours moralisateur. Guy Delisle décrit ce qu’il y a vécu, en étranger passant la plus grande partie de son temps libre avec d’autres expatriés, et ne tire pas de son expérience limitée une conclusion sur les conditions de vie des locaux.

Mais enfin, qui se permettrait de faire cela, de toute façon ?

[Benoît Richard]

pyongyang

Pyongyang, par Guy Delisle, Editions de l’Association, 2003.

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UN SPECTACLEUn fou noir au pays des blancs, par Pie Tshibanda

Ces temps-ci, on parle souvent de réfugiés, alors vous vous êtes peut-être demandé ce qu’on ressent lorsqu’on est réfugié. Mais, si vous êtes comme moi et que vous n’avez aucune envie de déclencher une guerre civile en Suisse pour assouvir votre curiosité, il n’y a pas vraiment de moyen de faire l’expérience soi-même. En plus, il paraît que l’expérience n’est pas particulièrement agréable.

Pour aller plus loin que ces vagues on-dit, toutefois, il faut se référer aux sources, à quelqu’un qui a fui son pays à la recherche d’un refuge, et qui accepte maintenant de partager son expérience. On aurait tendance à s’attendre à des histoires racontées sur un temps larmoyant et racoleurs de sentiments, mais Pie Tshibanda est plus subtil que cela. Lorsqu’il est sur scène, c’est son autodérision farouche et irrésistible qui nous implique profondément dans son quotidien et sa quête d’intégration dans un petit village Belge qu’il peinait à comprendre. Incompréhension réciproque d’ailleurs, il ne fait aucun doute qu’il soit passé, un temps, pour un fou. Noir en plus, et dans un pays peuplé de blancs pour ne rien arranger.

[Benoît Richard]

Bonus: Le site de Pie Tshibanda.

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