LUNDISPENSABLE #2

L’indigeste masse des indiscrètes recommandations individuelles de nos fils d’actualité nous rend malvoyants en nous poussant à retourner aux endroits où nous allons toujours, à nous faire lire les livres d’auteurs que nous connaissons déjà, et en nous aidant à rencontrer les gens que nous aurions de toute façon rencontrés un jour où l’autre… La Fribune va donc s’essayer à percevoir l’indiscernable en s’efforçant de démêler les fils indistincts de l’offre culturelle. Chaque lundi, une sélection d’idées et de nouveautés pour que jamais d’ennui vous ne vous morfondiez ni qu’en rond vous ne tourniez. Concerts à venir, livres et films en lien avec l’actualité, nouveaux bouquins à dévorer, magazines, expos et autres trouvailles à partager… voici le Lundispensable !

UNE SERIE TV – OLIVE KITTERIDGE

Dimanche passé lors des Emmy Awards, Game of Thrones raflait tout sur son passage, empochant les récompenses les plus prestigieuses de la soirée. Mais c’est bel et bien une autre série qui crevait l’écran : Olive Kitteridge, petite merveille de mini-série, repartait également les bras chargés de statuettes dorées. Œuvre exigeante brillamment adaptée du roman éponyme d’Elisabeth Strout, la série dépeint subtilement vingt-cinq années de la vie banale d’une prof de maths revêche et cassante. Dans une ambiance intimiste, la série parle du temps qui passe et des aigreurs qui, souvent, viennent avec : relations usées et occasions manquées, déchirante frustration de la banalité… En soi, toute la complexité cachée d’une vie en apparence sans relief. Olive Kitteridge réussit le tour de force de rendre la banalité captivante, à travers une héroïne acariâtre que l’on ne peut pourtant s’empêcher d’aimer… Car, oui, nous avons tous peur de devenir Olive, un jour.

Olive Kitteridge (2014, 4 épisodes de 59 minutes, HBO [USA]), avec notamment Frances McDormand, Richard Jenkins et Bill Murray

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UN SPECTACLE – 3ème FESTIVAL DE CONCEPTS D’IMPROVISATION THEATRALE

Le monde de l’improvisation, univers où l’art d’avoir le mot juste au bon moment est roi, nous ouvre ses portes à l’occasion du 3ème Festival des concepts d’improvisation. Bousculer les fondements du théâtre traditionnel à grand renfort de créativité et de spontanéité, voilà le pari des « matchs d’impro ». Et pour cette fête du beau verbe, le théâtre de L’Esprit Frappeur, à Lutry, nous propose, l’espace d’un weekend, des soirées animées tour à tour par des troupes venues de Suisse mais aussi de Belgique et de France. L’occasion de voir comment les adeptes de cette pratique s’adonnent à leur passion dans d’autres contrées bercées par la langue de Molière. Si l’expérience vous tente, alors plus aucune hésitation à avoir, et à l’improviste, c’est encore meilleur!

 3ème Festival de concepts d’impro, au Café-théâtre l’Esprit Frappeur, à Lutry – du vendredi 2 octobre à 20h au dimanche 4 octobre à 17h – www.espritfrappeur.ch Billets (étudiants) dès 5 francs

[Texte: Lorin Froehlich]

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UNE EXPO – PORTRAIT-ROBOT

« L’être humain croira toujours que plus le robot paraît humain, plus il est avancé, complexe et intelligent ». Alors que la robotique ne cesse de progresser, la phrase d’Isaac Asimov rappelle que les robots sont bien plus que de vulgaires machines dans notre esprit. Cette place si particulière des robots dans notre imaginaire, où se mêlent angoisse mythique de la destruction du scientifique par sa propre création et enthousiasme naturel face aux possibilités futures de la robotique, procure un thème d’exposition saisissant à la Maison d’Ailleurs à Yverdon-les-Bains. En nous exposant aux diverses formes qu’ont prises les robots, en dévoilant la récupération faite par le monde artistique, « Portrait-Robot » agit comme un miroir renversant: ces êtres de métal dessinent subtilement un portrait de l’humanité, faisant jaillir les limites des définitions dans lesquelles nous sommes reclus. Et pour pousser la métaphore à son paroxysme, des robots-portraitistes vous tirent le portrait, pour de vrai !

« Portrait-Robot » à la Maison d’Ailleurs – Musée de la science-fiction, de l’utopie et des voyages extraordinaires, à Yverdon-les-Bains – du 21 juin 2015 au 31 janvier 2016 –  Prix étudiant : 10CHF – www.ailleurs.ch

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UN FILM – ERIN BROCKOVITCH, SEULE CONTRE TOUS

Dans notre monde où paranoïa et complotisme seront bientôt érigés en nouvelle religion, pas toujours facile de distinguer buzz grotesques et rumeurs bien fondées… Mais franchement, qui eût cru à cette tromperie insensée? Onze millions de voitures truquées en autant de bombes écologiques… L’affaire Volkswagen vient nous rappeler que les industriels font rarement grand cas de la santé de leurs clients. C’est alors naturellement qu’un film revient à l’esprit : Erin Brockovitch, seule contre tous, qui raconte le combat acharné d’une Américaine pour faire éclater au grand jour le scandale de santé publique des eaux contaminées en Californie. L’histoire (vraie) a tout du conte moderne : Julia Roberts y joue un de ses plus grands rôles en interprétant la secrétaire inexpérimentée qui parviendra à prouver les torts d’un géant de l’énergie, obtenant réparation à hauteur de 330 millions de dollars… Efficace, divertissant, et on ne peut plus brûlant.

« Erin Brockovitch, seule contre tous » de S. Soderbergh (2000, USA, 141 minutes) avec notamment Julia Roberts, Albert Finney et Aaron Eckhart

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N’hésitez pas à nous envoyer vos idées et vos textes à faire paraître dans le LUNDISPENABLE d’une prochaine semaine!