LUNDISPENSABLE #2

L’indigeste masse des indiscrètes recommandations individuelles de nos fils d’actualité nous rend malvoyants en nous poussant à retourner aux endroits où nous allons toujours, à nous faire lire les livres d’auteurs que nous connaissons déjà, et en nous aidant à rencontrer les gens que nous aurions de toute façon rencontrés un jour où l’autre… La Fribune va donc s’essayer à percevoir l’indiscernable en s’efforçant de démêler les fils indistincts de l’offre culturelle. Chaque lundi, une sélection d’idées et de nouveautés pour que jamais d’ennui vous ne vous morfondiez ni qu’en rond vous ne tourniez. Concerts à venir, livres et films en lien avec l’actualité, nouveaux bouquins à dévorer, magazines, expos et autres trouvailles à partager… voici le Lundispensable !

UNE SERIE TV – OLIVE KITTERIDGE

Dimanche passé lors des Emmy Awards, Game of Thrones raflait tout sur son passage, empochant les récompenses les plus prestigieuses de la soirée. Mais c’est bel et bien une autre série qui crevait l’écran : Olive Kitteridge, petite merveille de mini-série, repartait également les bras chargés de statuettes dorées. Œuvre exigeante brillamment adaptée du roman éponyme d’Elisabeth Strout, la série dépeint subtilement vingt-cinq années de la vie banale d’une prof de maths revêche et cassante. Dans une ambiance intimiste, la série parle du temps qui passe et des aigreurs qui, souvent, viennent avec : relations usées et occasions manquées, déchirante frustration de la banalité… En soi, toute la complexité cachée d’une vie en apparence sans relief. Olive Kitteridge réussit le tour de force de rendre la banalité captivante, à travers une héroïne acariâtre que l’on ne peut pourtant s’empêcher d’aimer… Car, oui, nous avons tous peur de devenir Olive, un jour.