LUNDISPENSABLE #27

A l’approche d’Halloween, alors que le jour décline, nombreux sont sans doute ceux qui s’offrent une multitude de soirées film, de préférence d’horreur. Ne vous réjouissez pas trop vite ou ne fuyez pas encore (et pardon à ceux que je déçois), point de gore ou d’horreur cette semaine, tout au mieux une agréable dose de frissons. Cette semaine, c’est votre cinémathèque que Lundispensable se donne pour mission d’agrandir, en vous présentant trois films (The kids are all right, Miss Peregrine et les enfants particuliers, et The Perks of Being a Wallflower). Et pour les plus récalcitrants du cinéma, un jeu vidéo, traitant sur le sujet ô combien terrifiant de la gestion de métro. Ne nous remerciez pas, nous sommes là pour ça!

Bonne lecture!

UN FILMThe kids are all right, de Lisa Cholodenko

Oui, il s’agit bien d’un film et non de la chanson de The Who mal orthographiée… The kids are all right est un peu l’histoire ordinaire d’un couple qui, avec le temps et les enfants qui grandissent, peine à retrouver la complicité de ses débuts. Seulement voilà, la famille va se trouver chamboulée aux 18 ans de leur fille Joni, lorsque son frère Laser (15 ans) va lui demander un service. Allez, il est temps de le dire… Les enfants vont, dans le dos de leurs deux mamans (oui, vous avez bien lu, c’est une famille homoparentale), chercher leur père biologique. Une rencontre qui va mettre à mal l’unité familiale, tout en humour et en passant par les traditionnels clichés cinématographiques de l’infidélité. Mais le film nous donne avant tout la sympathique sensation d’être face à l’histoire de famille la plus banale, avec ce petit détail qui la rend unique. Le tout est interprété, entre autres, par Julianne Moore, Annette Bening et Mark Ruffalo.

En bref, ça change et ça fait plaisir ! Bon film !

[Elena Pilloud]

The kids are all right, de Lisa Cholodenko, UGC Ph, 1h44min, 2010.

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UN JEU VIDÉOMini Metro, par Dinosaur Polo Club

Loin de moi l’idée de juger les gens à l’apparence, mais les carrés sont vraiment embêtants. Si on vivait simplement entre ronds et triangles, tout serait beaucoup plus simple. On éviterait ces wagons de carrés qui surchargent mes lignes. Mais on doit respecter les formes, alors on est obligés d’accepter tout le monde dans les transports. Je sais ce qu’on va me dire, que je devrais arrondir les angles, ne pas m’en faire, que je vais faire mauvaise figure, que ce n’est qu’un jeu…

Un jeu minimaliste très sympathique d’ailleurs, et récemment porté sur smartphone. Mini Metro nous demande d’optimiser un plan de métro et de minimiser l’attente des passagers, chacun représenté par une certaine forme géométrique, qui souhaitent se rendre à une station arborant la même forme qu’eux. Cela ne paie pas de mine sur le papier, mais la diversité des formes ainsi que le nombre de stations se multiplient plus rapidement que le nombre de lignes, wagons et locomotives à disposition. Empêcher une attente trop longue revient donc assez vite à vouloir résoudre la quadrature du cercle.

Et on m’enlèvera pas de l’idée de que c’est la faute des carrés.

[Benoît Richard]

Mini Metro, par Dinosaur Polo Club, sur Android, Apple iOS, Microsoft Windows, Linux, Mac OS, 2015.

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UN FILMMiss Peregrine et les Enfants particuliers, Tim Burton

Suite au décès mystérieux de son grand-père, Jacob se lance à la recherche d’un orphelinat abritant des enfants « particuliers » dont son grand-père lui avait tant parlé. Le jeune homme entre alors dans un monde merveilleux constitué de boucles temporelles dans lequel des enfants dotés d’étranges pouvoirs et leur protectrice, Miss Peregrine, sont en proie aux intentions malveillantes de créatures monstrueuses…

Tim Burton, en magicien du grand écran, parvient une nouvelle fois à nous emporter dans un univers gothico-féerique. Après un Big Eyes plutôt plat, le monde gothique et merveilleux de Miss Peregrine… renoue à notre grand plaisir avec certains thèmes chers au réalisateur. Comme dans Edward aux mains d’argent, la particularité touchante et sincère émerge dans un monde moderne sans relief qui rejette le  « bizarre ». Cependant, il faut avouer que les effets spéciaux utilisés dans une scène de bataille plutôt kitsch effacent en partie la magie noire et troublante avec laquelle des films comme Edward…, Bettlejuice, Ed Wood ou encore Sleepy Hollow avaient su nous ensorceler : le charme de ces œuvres aux effets imparfaits mais vrais n’est plus vraiment au rendez-vous. Malgré cette pointe de nostalgie, je vous conseille ce film enchanteur qui saura vous extraire du morne quotidien, ne serait-ce que le temps d’une projection, comme sait si bien le faire Tim Burton.

[Julien Mossu]

Miss Peregrine et les Enfants particuliers, par Tim Burton, Twentieth Century Fox, 2h07min, 2016.

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UN FILMThe Perks of Being a Wallflower, par Stephen Chbosky

Traiter de l’adolescence, tout média confondu, offre toujours un terreau d’exception pour voir germer milles et un clichés. Crevons l’abcès: rares sont ceux qui peuvent se vanter d’avoir traversé les affres de l’adolescence l’esprit léger, sans la moindre secousse. Mais lorsque l’on vous présente la vie de Charlie, adolescent pétri de timidité et d’un sentiment d’être en marge, fraichement rentré au lycée après le suicide de son meilleur ami… sans doute croira-t-on à un surplus de pathos, à une œuvre larmoyante et dégoulinante de tristesses, bref un excès de clichés adolescents. The Perks of Being a Wallflower est pourtant la fresque d’une adolescence, touchante par ses protagonistes et ses thèmes abordés: des classiques fêtes alcoolisées et autres amourettes à des sujets plus sérieux comme la quête de liberté, l’affirmation de soi et la question du viol. Et quand on pense aux débats et au flou qui entoure des sujets aussi graves, à tout hasard en Suisse (ce ne sont pas les protestations qui ont déferlé sur une certaine élue UDC qui viendront me contredire), il est des plus satisfaisant et rassurant de voir que des films peuvent encore aborder de tels thèmes, en sautant à cloche-pied par dessus les sempiternelles banalités qui fleurissent à leur sujet.

[Bérénice Balmat]

The Perks of Being a Wallflower, par Stephen Chbosky, SND, 1h43min, 2012.

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