Le classique, c’est le rébarbatif, le redondant, cette chose, cette situation habituelle, « si classique! ». Et pourtant que c’est sérieux, le classique, et prestigieux avec ça, gage de qualité! Allez savoir pourquoi l’on a forgé ce mot dans le caoutchouc le plus extensible, ce qui permet de l’étirer vers deux sens bien opposés! Il est en tout cas temps que Lundispensable vous propose de réviser vos classiques dans son sens le plus noble: adaptation libre de conte classique en bande dessinée, classique de la littérature américaine, retour aux classiques en comics et musique classique sauront vous ravir! 

UNE BANDE DESSINÉELes Dormants, de Jonathan Munoz

Et si la Belle au bois dormant était ennuyeuse à mourir, ou plutôt à endormir les foules? Et si son prince charmant ne pouvait être qu’un homme insomniaque, réduit à se chloroformer régulièrement pour approcher, de quelques millimètres, les bras si lointains de Morphée? Soit, mais il nous faudrait raconter cette adaptation plus que libre de la Belle au bois dormant en bande dessinée. Mettons que Jonathan Munoz s’en chargerait, et que ses dessins seraient magnifiques et offriraient une ambiance tout en sépia et en repos. Mettons aussi que son scénario nous balloterait entre la mystérieuse histoire d’un insomniaque amnésique et la touchante relation qui naitra avec sa princesse. Tout ceci entrecoupé de notes d’un humour qui ferait mouche, bien évidemment! Une seule et unique certitude ne pourrait alors découler de tant d’hypothèses: à sa lecture, une telle œuvre ne saurait alourdir vos paupières, bien au contraire!

[Bérénice Balmat]

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UN ROMAN – Adventures of Huckleberry Finn, de Mark Twain

Comment un livre qui pose un regard critique sur son époque peut-il être accessible à tous ? Adventures of Huckleberry Finn est l’exemple parfait. Mark Twain est un écrivain américain et ce que l’on appelle un self-made man dont le style est simple avec un bon sens paysan. L’œuvre est la plus célèbre de l’histoire littéraire américaine. Elle parle de Huckleberry Finn, un petit garçon ayant fugué accompagné de son esclave noir Jim. Ils naviguent le long du Mississippi sur un radeau et découvrent le sud des États-Unis dans toute son horreur mais également dans ce qu’il a de bon. Cette histoire est une véritable leçon de vie dans laquelle le lecteur grandit et apprend avec son protagoniste. L’œuvre est un témoignage de l’histoire américaine dont le mot d’ordre est apprendre. Apprendre de ses erreurs et de ses expériences avec humilité. Mark Twain nous fait traverser l’esclavagisme à travers les yeux d’un enfant.

[Raphael Eccel]

Mark Twain (1835-1910), Adventures of Huckleberry Finn, 1884.

UN COMICSHuck, de Raphael Albuquerque et Mark Millar

Gavée de cultures franco-belge et nippone, s’il y a bien une chose qui a toujours su me rebuter quelque peu dans les comics, c’est l’omniprésence des Super-Héros, de ces êtres parfaits, tout sourire à la caméra, qui vous sauvent une humanité tout en étant confrontés à des problèmes moraux internes, qui en font tous « des gars torturés, tu vois ».  Huck incarne la quasi-exception qui confirmerait la règle: il s’agit de l’histoire d’un homme à la force herculéenne, doué du don de tout retrouver, et qui vient en aide à ses concitoyens. Evidemment. Mais Huck, c’est aussi un retour au source des super-héros de comics: un gaillard qui aide pour le plaisir d’aider (et de cocher sa liste de bonnes actions de la journée). Adieu le héros complexe à la psychologie capillotractée. Touchant de simplicité, ce personnage détonne dans un décor de complots sur fond de guerre froide. Une figure rassurante de bon géant comme on en croise bien peu dans la toile héroïque actuelle.

[Bérénice Balmat]

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UNE MUSIQUE – Concerto pour piano n°4 op. 58 (1806), de Ludwig van Beethoven

Il n’y pas grand-chose à redire sur Ludwig van Beethoven tant ce compositeur est ancré dans nos esprits. Cependant, tout le monde ne connait pas forcément son 4e concerto pour piano qui est pourtant une œuvre très importante. Ce concerto a toutes les caractéristiques du langage de Beethoven. Le premier mouvement part d’une simple petite cellule musicale qui passe par toutes les voix et confère une énergie extraordinaire. Le 2e mouvement semble être une tentative d’allier musique et narration où le piano parvient par un lyrisme sublime à calmer l’orchestre sombre et violent au départ. Finalement, un troisième mouvement explosif mêlant lyrisme et virtuosité conclue cette œuvre monumentale. Au travers de l’œuvre, le piano soliste semble en confrontation avec l’orchestre. Beethoven se montre poétique dans son traitement de la forme par moment malgré tout ce débordement d’énergie. C’est un manifeste du talent du compositeur Viennois qui mérite largement votre temps !

[Raphael Eccel]


Comment? Cette rubrique ose s’appeler Lundispensable sans parler de cette fameuse œuvre qui est selon vous la plus indispensable des indispensables?

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