En ces périodes automnales, quand le monde se voile de grisaille et que la brume enveloppe les plaines et les villes dans son nid d’humidité, le froid nous invite chaque année à pénétrer dans cette période où les pensées sombres sont les plus fertiles… A moins que le réchauffement climatique ne vienne nous sortir de cette ambiance carnavalesque et halloweenesque à grand coup d’été indien. Cette année, que vous fêtiez Halloween en bikini-mojito ou en passe-montagne-soupe à la courge, Lundispensable vous propose de maintenir l’atmosphère de la veillée de la Toussaint à travers un film, une oeuvre musicale, un comics et un événement cinématographique.

UN FILMEd Wood, de Tim Burton

Quel petit joyau pourrait-on dépoussiérer dans notre vidéothèque pour célébrer Halloween ? Un Tim Burton, sans hésiter. Mais délaissons les stéréotypes hollywoodiens dans lesquels cet artiste s’est parfois laissé piéger, pour s’immerger dans une pièce atypique, souvent méconnue du grand public : Ed Wood. Ce film met à l’honneur Edward Wood, un cinéaste des années 1950 pour le moins étrange, à l’enthousiasme inépuisable et surtout… sacré « plus mauvais réalisateur de tous les temps » ! Dès les premières scènes, l’intérêt de Burton pour ce personnage fantasque nous paraît limpide : Ed Wood, campé par un Johnny Depp incarnant à la perfection cette candide et touchante exaltation, tisse une œuvre au budget quasi inexistant, s’entoure d’un comédien difforme, d’une vedette du fantastique oubliée et d’actrices vampiriques. Son entreprise se métamorphose rapidement en une série d’échecs, tous sublimés par son adoration inflexible pour le cinéma. Ed Wood est un hommage à la bizarrerie, aux monstres tendres et aux œuvres délaissées… une déclaration d’amour aux artistes condamnés par leur passion.

[Julien Mossu]

CINEMALes Nuits d’Halloween, du Cinéma Sirius

Comment diable expliquer ce goût qui surgit en Occident, au plein cœur de l’automne? En cette période où la nature s’endort – ou se meurt c’est selon – la tradition a longtemps été et est encore de rendre hommage aux morts… Mais désormais, pour participer à ce rituel, quoi de mieux sans doute que de tester sa peur? Que ce soit pour s’en amuser ou en entreprendre sérieusement l’expérience, toute une esthétique s’est construite, une esthétique dont le film d’horreur incarne l’un des ultimes atours. Aussi, assister à un bon vieux Shining ou un tout récent Mother, bien au chaud dans son canapé, est une chose. Certes. Mais qui demeure bien moins intense que l’expérience de l’horreur, en étant entouré de gens tout aussi démunis face à leurs émotions. Le cinéma Sirius, à Châtel-St-Denis, entretient cette tradition des soirées films d’horreurs depuis plusieurs années déjà. Et cette année encore, cette petite salle vous offre l’occasion de profiter de cette expérience, dans un cinéma repeint aux couleurs de l’épouvante.

[Bérénice Balmat]

UNE MUSIQUE – Danse Macabre, de Camille Saint-Saëns

La mort fascine les arts et la musique n’est pas une exception. Depuis le Moyen-Âge déjà, nous retrouvons le chant du Dies Irae que les romantiques s’approprieront maintes fois. Camille Saint-Saëns suit cette tradition et inclue le chant du répertoire grégorien dans sa Danse Macabre. Il s’agit d’un poème symphonique basé sur un texte d’Henri Cazalis. La musique peint la Mort jouant du violon ce qui réveille les squelettes de leurs tombeaux afin de danser. Nous retrouvons dans cette œuvre des sonorités Wagnériennes mais également des mélodies légères propres au compositeur français. Saint-Saëns montre son talent d’orchestration en battant les cordes avec le bois de l’archet, imitant le bruit des os qui s’entrechoquent. Les flutes semblent intemporelles, tel un vent froid à glacer le sang. Enfin le xylophone et les clochettes font ressortir le côté ironique et malsain de la scène. Laissez-vous tenter par la mélodie lyrique du violon de la Mort qui vous fera frissonner !

[Raphael Eccel]

UN COMICSI hate Fairyland, de Skottie Young

En cette période d’Halloween, un marketing plus ou moins bien ficelé a sans doute su vous plonger au pays des sucreries, et si ce n’est pas vous, sans doute sera-ce votre petit frère ou votre petite voisine. Imaginez maintenant que, flottant dans leur tendre enfance, ceux-ci finissent happés dans le monde de Fairyland, dont on ne peut sortir qu’en parvenant à bout d’une série d’énigmes glucosées et pailletées. Bien. Maintenant, mettons qu’une enfant, appelons-la Gertrude, ne parviennent pas à sortir de ce monde, et ce depuis bien 27 ans… Ce n’est qu’hypothétique, bien sûr, mais l’on peut bien imaginer qu’elle devienne totalement cinglé, entre cynisme et psychopathie, dans un monde magique bien moins candide et adorable qu’il n’y paraît.

[Bérénice Balmat]

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