Voici, comme chaque lundi, quelques idées pour revisiter l’actualité de la semaine écoulée… Au menu de cette semaine, un livre déchirant et une série sanglante, mais aussi un magazine rafraîchissant à tester et quelques notes de musique dépaysantes pour laisser votre esprit voyager! 

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UNE SERIE TV – THE KNICK

Souvent cité parmi les meilleurs systèmes de santé de la planète, il existe encore un domaine dans lequel notre système médical pèche depuis des années: chaque semaine, deux patients meurent en Suisse dans l’attente d’une greffe, faute de donneurs… Samedi prochain, la « Journée mondiale du don d’organes et de la greffe » sera donc le moment rêvé pour remplir votre carte de donneur. Mais, à une époque où sept vies peuvent être sauvées avec les organes d’une seule personne décédée accidentellement, ce sera aussi l’occasion de rendre hommage aux pionniers de la chirurgie, discipline construite à coup d’intuitions géniales et d’erreurs fatales… La série The Knick – dont la deuxième saison débute ce jeudi – nous plonge dans la vie d’un hôpital new-yorkais au début du siècle passé, où l’on suit les tâtonnements souvent barbares des chirurgiens de l’époque. Sur fond de racisme ambiant et d’ignorance en matière d’addiction, la très esthétique série réalisée par Steven Soderbergh est ambitieuse et magnifiquement documentée. En rupture avec la mode à bout de souffle des séries médicales, The Knick vient rappeler une chose que l’on oublie trop souvent:  la médecine n’a jamais été et ne sera jamais une science exacte…

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The Knick (2014, 1 saison de 10 épisodes de 52 minutes, Cinemax [USA]), réalisée par Steven Soderbergh, avec notamment Clive Owen

Bon à savoir – la RTS diffusera la saison 2 de « The Knick » en version originale sous-titrée dès le lundi 2 novembre

EN PLUS – Echo122 , une application dans le vent qui remplace la carte de donneur papier…

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UN LIVRE – BURN OUT, de Mehdi Meklat & Badroudine Saïd Abdallah

Suite à l’annonce de la suppression de 2900 postes, les violences chez Air France agissent comme un ultime révélateur de la fracture existant entre les Français et leur gouvernement. Car si Valls parle de  » voyous « , une majorité de Français, elle,  » comprend sans approuver « … Oui, derrière l’obsession de l’inversion de la courbe du chômage se cache une réalité sociale et humaine trop souvent occultée. Alors, encore un cri pour dénoncer le chômage, la précarité, pour pleurer sur la délocalisation et un système économique qui ne respecte rien, rien sauf lui-même alors que les hommes en font dépendre leur vie ? Eh bien oui, et quel cri! Sous la forme d’un roman écrit en duo par les Kids, qui nous plongent dans la vie de l’homme qui s’est donné la mort en 2013, par le feu, devant le Pôle Emploi de Nantes. Ils l’imaginent, cette vie, et tentent de comprendre ce geste d’une violence inouïe. A travers les voix de différents personnages, emportés par une écriture au rythme rapide, quelques passages politiquement très incorrects, et la poésie du français qui sort droit d’une bouche en colère, Burn Out nous laisse entrevoir la violence quotidienne, celle du chômage et du désespoir. L’histoire d’un homme qui voulait vraiment être heureux.

[Texte: Auréliane Froehlich]

Burn Out, de Mehdi Meklat et Badroudine Saïd Abdallah (2015, Seuil, 175 pages, 15€)

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UN MAGAZINE – LE 1

Epouvantée à l’idée de ramasser en pleine poire la glissière du virage numérique, la presse papier semble tétanisée au moment-même où elle doit se réinventer.  Convaincu de son côté qu’il y a « confusion entre crise du papier et crise des contenus », l’ancien patron du Monde Eric Fottorino a décidé de prendre les médias à contre-pied en lançant l’année passée un magazine hebdomadaire papier… « Le 1 » fait le choix fort de ne traiter qu’un unique sujet d’actualité par numéro, avec l’ambition de lutter contre le « monde du zapping permanent ». Mais c’est aussi par son format que le magazine nage à contre-courant : imprimé sur un grande feuille qui se plie en huit, la revue offre avec ses grandes cartes et sa mise en page ce que le numérique ne peut justement pas proposer… En confrontant les regards croisés d’écrivains, d’anthropologues et autres politiciens, les trois temps de lecture et le dépliage de cette grande feuille sans publicité se savourent comme des petites madeleines de Proust débarquant d’un autre temps… Du futur peut-être ?