La mobilité universitaire est plus que jamais importante et valorisée. Le gel des accords Erasmus n’aura pourtant que peu d’impacts pour les étudiants suisses qui utilisent plus fréquemment d’autres stratégies.

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Selon un collaborateur de l’Office pour l’orientation, la formation professionnelle et continue (OFPC) du canton de Genève, les patrons demandent de plus en plus à ce que les jeunes diplômés aient vécu différentes expériences à travers la Suisse ou l’Europe. Un Fribourgeois qui aurait fait tout son parcours académique à l’Université de Fribourg serait donc moins attrayant qu’un autre étudiant venant d’un autre canton ou ayant vécu une partie de son cursus auprès d’une autre université. Vis-à-vis des employeurs, la mobilité universitaire est plus que jamais importante et valorisée.

Mais une expérience dans une autre université ne doit pas obligatoirement se dérouler dans le cadre d’un programme Erasmus ! Rappelons que la Suisse ne participe officiellement au programme Erasmus que depuis 2011 et qu’il y avait déjà bon nombre d’échanges entre universités partenaires auparavant. D’autant que, selon le Secrétariat d’Etat à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI), les étudiants suisses sont peu nombreux à avoir profité des programmes Erasmus. D’après le Centre suisse de compétence pour les échanges et la mobilité de la Fondation CH pour la collaboration confédérale (www.chstiftung.ch), en 2011-2012, seulement 1,7% des étudiants de l’Université de Fribourg avaient pu obtenir une bourse du programme Erasmus à des fins d’études, soit 161 personnes.

Les étudiants suisses ont bien plus profité d’accords directs entre universités ou s’inscrivent directement dans les universités qui les intéressent plutôt que dans un programme d’échange. Il est plus fréquent de voir un étudiant vaudois s’inscrire à Fribourg, ou un Fribourgeois ayant obtenu son Bachelor partir faire son master dans un pays européen, plutôt que de voir ces étudiants faire un échange juste pour un semestre. Peu importe où il va, il est également plus fréquent de voir un étudiant suisse payer son semestre grâce à ses fonds propres, l’aide de ses parents ou d’une bourse cantonale que de faire les démarches pour obtenir une bourse Erasmus.

La mobilité des étudiants suisses n’est donc que légèrement atteinte par le gel des accords Erasmus par l’Union européenne et a encore de beaux jours devant elle. C’est d’ailleurs l’avis du service des relations internationales de l’Université de Fribourg qui se voulait plutôt rassurant lors d’une conférence lundi 10 mars dernier : selon eux, le résultat des votations du 9 février, « [ne changera] pas grand-chose […] les échanges sont toujours possibles ».

Ce n’est donc pas tant les « outgoings » de Fribourg qui auront des difficultés mais plutôt les « incomings » – ceux qui souhaitent venir dans notre université. Les problèmes pourraient alors surgir à moyen terme : pas sûr que les universités étrangères voudront continuer à entretenir des relations avec nous si les « échanges » ne se font que dans un sens…

Crédits photo : www.ecam-strasbourg.eu