Le mouvement politique Opération Libéro a été lancé il y a quelques mois par de jeunes universitaires. Il propose un programme pour une Suisse libérale, cosmopolite et moderne. Rencontre avec Flavia Kleiner, co-présidente du mouvement et étudiante à l’Université de Fribourg.

Début 2014, les Suisses se prononçaient sur l’initiative populaire « Contre l’immigration de masse ». Lancée par l’UDC,  elle demandait à l’Etat de fixer des plafonds et des contingents pour limiter l’afflux d’étrangers. Le 9 février le résultat tombait, l’initiative était acceptée avec 19’516 voix d’écart. Comme un électrochoc, ce résultat a « réveillé l’envie d’agir et de se mobiliser » de Flavia Kleiner et de ses collègues. Pour eux ce oui s’explique par un champ politique trop longtemps laissé à l’UDC et des campagnes trop frileuses de la part des autres grands partis.

Il faudra quelques mois de préparation après cette impulsion initiale avant que ne se fonde Opération Libero, porteuse d’un programme politique pour une Suisse libérale, cosmopolite et moderne. Une mouvement et non un parti, selon Flavia Kleiner, afin d’éviter un caractère clivant qui « fermerait la porte à certaine personnes ». Composé pour l’instant principalement de jeunes universitaires, il a pour ambition de s’élargir à tous les âges et toutes les couches de la population. Le but est d’influencer le débat politique via les médias et les politiciens établis avec la possibilité à terme de formuler des initiatives et des référendums. Le programme aborde des sujets variés mais conserve la même volonté de  « réconcilier les politiques sociales et économiques » tout en faisant de la Suisse une terre d’opportunités. Sur la thématique européenne par exemple, la Suisse devrait selon Opération Libéro adopter un point de vue pragmatique en étant plus proactif au contraire de ce qu’il a démontré sur le sujet du secret bancaire notamment. Même si la composante sociale est bien présente, le cœur du programme bat en grande partie au rythme d’arguments économiques. Le mouvement considère par exemple « la croissance comme étant l’un des moteurs de la justice sociale ».

Les réactions ont été vives après le lancement, en particulier sur les réseaux sociaux où le mouvement est très actif. Un passe d’armes sur Facebook a par exemple eu lieu avec Action pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN) qui considérait dans une de ses publications que la Cour européenne des droits de l’Homme était le tribunal de l’Europe. La discussion s’est terminée par une censure pure et simple des statuts publiés sur la page de l’ASIN. Un membre de l’UDC a également réagit sur son mur Facebook en qualifiant le nouveau mouvement d’élitiste et voulant « vendre » la Suisse, sous-entendu par sa politique ouverte vers l’Europe.

Opération Libéro a récemment lancé une campagne contre l’initiative Ecopop sur  les réseaux sociaux. Sur les forfaits fiscaux les avis divergent au sein du mouvement qui n’adopte pas encore de position tranchée. Au rang des prochains grands thèmes abordés par Opération Libéro on trouvera notamment les « problèmes d’infrastructures et la cherté du logement » ou encore « l’égalité salariale ». En vue de prochaines élections, ils prévoient également de « donner des bons points aux politiques » présentant des programmes en adéquation avec les idées du mouvement.