À l’aventure compagnons ! La vie continue au Rwanda, loin des températures torrides de l’Europe, les lions du parc de l’Akagera prennent leurs aises dans leur nouvel habitat. Loin des horaires stricts de nos cités, les notions de temps s’effacent. Hier devient demain qui reste aujourd’hui… ou presque. 

Enfants rentrant de l'école.

Enfants rentrant de l’école.

Sawa

Vous vous souvenez ? Les enfants qui me disent bonjour tous les matins ? Ils continuent ! Mais je crois qu’ils ont compris que j’étais là pour rester. Ils sont passés de « Morning ! How are you ? » à « Muzungu bite ? ». Qui veut dire à peu près la même chose, soit : « Le blanc ! Comment ça va ? ». À quoi on répond soit « ny byiza ! », soit « Sawa ! ». Et ce dernier  terme est assez intéressant parce que tout le monde dit que c’est du kiswahili. Mais je suis sceptique… quand on l’entend, ça ressemble étrangement au « ça va ! » francophone. Mais ma connaissance de la linguistique rwandaise n’est pas assez développée pour pouvoir répondre clairement dans l’immédiat. Quoi qu’il en soit, les enfants partent toujours en fou rire après notre échange matinal ! Ce qui a le mérite de mettre tout le monde de bonne humeur.

Un classique

Ça devait arriver, juste au moment où je commence à prendre du plaisir à jouer au tennis, je me blesse. C’est chaque fois la même chose, je ne peux pas passer un été sans un passage à l’hôpital. Chaque fois, l’incident est impressionnant et n’est finalement qu’une pâle expression de la dangerosité et de l’intensité de ma vie :

Sept lions ont été réintroduits dans le parc national de l’Akagera, grâce à de généreux sponsors, dont une marque de bière locale qui fait maintenant sa publicité avec le slogan : « The lions are back » et à côté, sur l’affiche, deux zèbres, les yeux globuleux, vraisemblablement terrorisés par la nouvelle. Alors évidemment, ça fait envie. En essayant de les voir, je me retrouve au milieu de la forêt du parc, un pneu crevé et pas moyen de rentrer avant le lendemain. Affamé, perdu au milieu de la forêt, j’aperçois les sept lions qui s’attablent autour d’un immense cadavre. Je m’approche prudemment, mais la confrontation est inévitable. Alors que je me bats pour préserver mon morceau de viande… bon ok pas exactement… mais presque… en changeant quelques mots…

La réalité de ma vie d’aventurier ne ressemble, hélas, pas encore à celle d’Hemingway. La forêt, c’était le gazon de la maison, le lion c’était mon coloc et le morceau de viande n’était ni un buffle ni un hippopotame, mais une excellente brochette de chèvre. Résultat, ligaments de la cheville en miettes, six semaines d’immobilisation partielle, une fâcheuse impression de déjà vu et un profond soupir qui ne va rien arranger.

L’anglais

Depuis quelques années, l’anglais est devenu la première langue étrangère enseignée dans les écoles (pas la première au sens chronologique mais quantitatif). Mais beaucoup d’élèves ne suivent les cours que de manière relativement occasionnelle. Ce qui confronte les étrangers à des situations imprévues mais drôles. Un garçon qui m’aide au marché me demande qui est l’homme avec moi (mon prof est venu observer le déroulement du stage).

Moi :  He’s my teacher .

Lui :  Oh! he is myteacher for you ?

Moi: …?…

Lui : …

Moi : … !… hahahahaha yeego!

Comment le blâmer ? En kinyarwanda, le déterminant est intégré dans les noms. Il faut avouer que malgré mon pitoyable anglais, je rigole bien.

D’ailleurs un autre problème de traduction a mis le chauffeur de l’entreprise de chips Winnaz dans l’embarras récemment. Pour dire « hier » et « demain », il n’existe qu’un seul mot et sa signification dépend du contexte. Autant dire qu’il n’est pas toujours facile de comprendre de quoi l’interlocuteur parle. Le chauffeur a d’ailleurs l’habitude de me demander où j’étais « demain hier »… Je prends plaisir à répondre une fois sur deux en racontant ce que j’ai fait la veille et l’autre fois en expliquant ce que je ferai le lendemain. Mais lorsqu’un touriste lui demande s’il est libre « next day » et qu’il répond « yes ! I am free yesterday », c’est confus. Les touristes ont préférés trouver un autre chauffeur plutôt que de devoir partir hier sans être sûr d’arriver demain. Limpide non ?