Le monde du sport malgré son apparente ouverture et volonté d’être universel cloisonne en réalité fortement les genres. Les stéréotypes y ont le vent en poupe, les différences physiques semblent pouvoir tout justifier. Cependant, quelques irréductibles tentent d’aller à contre-courant en se débarrassant des clichés en tout genre ; de plus en plus de femmes s’invitent dans les sports de combats.

2014-10-25 12.59.46

Le monde du sport et plus particulièrement celui des sports de combat est sous le joug de la domination masculine. Domination car le sens commun affirme que ce genre de sports dits violents est une affaire d’homme sans majuscule. D’autres sports nettement plus féminins sont prévus pour les femmes comme la natation synchronisée, la gymnastique artistique, la danse et j’en passe. Mais qu’est-il donc prévu pour ceux que l’on pourrait nommer les « déviants » ? Que faire d’un petit garçon disant à ses parents qu’il aimerait faire de la danse classique et d’une petite fille prise de passion pour la boxe ? On trouve une première réponse grâce à l’aide nos précieux stéréotypes : la violence et les combats sont l’apanage des hommes tandis que la délicatesse et la grâce sont destinées à la gente féminine.

 

Les clichés, banalités, poncifs, généralités… peu importe leurs noms, sont censés nous aider à classer le monde extérieur en catégorie. Ils font si bien leur travail qu’il devient alors presque impossible de faire passer un élément d’une catégorie à l’autre. Souvent appuyés par le registre de la blague, ils se renforcent pour donner l’impression qu’ils sont encore plus vrais qu’avant, véritable effet boule de neige. On se juge tous, on se classe tous dans des catégories sans chercher à en savoir plus… sans s’en rendre compte on utilise les stéréotypes tous les jours. Simplificateurs en puissance, ils finissent par nous compliquer la vie.

 

Il est vrai que certaines pratiques sportives donnent à voir comme une évidence les différenciations sexuées. D’ailleurs, il me semble que personne nie ces différences – moi la dernière – mais suffisent-elles pour justifier les cloisonnements genrés du sport ? Sonia, encore toute fraîche dans le monde masculin du kick boxing ne s’en étonne même pas : « je peux comprendre qu’on n’imagine pas qu’une jolie petite blonde comme moi fasse de la boxe au premier abord… mais au final, j’ai envie de leur dire « et pourquoi pas ! ». Notre ami le cliché a encore frappé ! Stéréotypes raciaux, religieux, nationaux, professionnels, physiques, sexistes, sexuels, culturels… la liste est longue.

 

Prendre conscience de l’existence de ces stéréotypes et de ce qu’ils impliquent est un premier pas. Voilà que notre jolie petite blonde relativise – oui même les blondes peuvent le faire – : « C’est juste qu’on vit dans une société qui reste relativement genrée et qui fait qu’on imagine les femmes à la danse et les hommes au sport de combats… ». Désolée les enfants, la société ne veut pas de danse pour les petits garçons ni de boxe pour les petites filles. Les mauvaises langues nous diront que les femmes vont à la cuisine et les hommes sur le canapé… Oui, malheureusement les clichés ont la vie dure ! Il nous faudra encore quelques jolies petites blondes pour les mettre K.O. et permettre aux petits garçons de faire de la danse classique.

 

 

Mona Heiniger